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31 juillet 2012

La jetée

Le 29 juillet 2012, Chris Marker est resté dans le passé.

La Jetée est sorti en 1962 : quel plus beau film sur le temps ?

30 juillet 2012

Suivre ses ventes sur Amazon

NovelRank est un service qui permet de suivre ses ventes sur Amazon pour les auteurs qui ne disposeraient pas de compte Kindle Direct Publishing (ou qui découvriraient par hasard leurs œuvres numériques sur Amazon) : il suffit d’ajouter le lien Amazon du livre qui vous intéresse pour suivre ces ventes.

Il nous donne également un aperçu du marché français. Ainsi, pour espérer entrer dans le Top 100 des meilleures ventes Kindle, il semble qu’il faille vendre une trentaine d’exemplaires par jour (rythme des Œuvres complètes d’Émile Zola). Si l’on veut atteindre le Top 10, il faudra doubler ce chiffre (voir les chiffres de Fifty Shades of Grey).

Des chiffres à comparer avec la mise au point de Pauline Doudelet en début d’année sur le « fric » dans l’édition numérique.

21 juillet 2012

Je n’ai pas besoin d’être autorisé pour devenir auteur

L’auto-édition a changé de statut depuis la généralisation de l’usage du web, depuis que la barrière technique à la publication s’est tellement abaissée que Clay Shirky a pu déclarer que le « publishing  », aujourd’hui, ce n’était plus un métier, c’était un bouton. À rapprocher lecture/écriture, ce que fait le web, on questionne la fonction de l’éditeur (à la fois « editor » et « publisher  »). L’idée de vanité qui reste attachée à l’édition à compte d’auteur à l’ancienne, s’estompe au profit d’un « si je veux , quand je veux » : grâce au web, je peux publier sans demander la permission, je n’ai pas besoin d’être « autorisé » pour devenir auteur.

S’éditer soi-même, financé par la foule ?

20 juillet 2012

Les Serfs au Sénat (suite)

Les auditions de la commission de la Culture du Sénat sont désormais en ligne. On retrouve la position du Droit du Serf :

On trouvera également le compte-rendu de l’audition du Syndicat national des éditeurs, avec quelques perles suivantes comme

Il convient de défendre nos valeurs dans le monde numérique face à des propositions comme celles d’Amazon qui proposent de payer aux auteurs jusqu’à 70 % de droits, alors que ceux-ci s’établissent aujourd’hui à 25 % du prix net, soit 16 % du prix public et que, si les discussions avec le CPE (conseil permanent des écrivains) ont buté sur la question de la symétrie des droits, nous espérons renouer le dialogue pour trouver un accord en vue de la réunion du CSPLA (conseil supérieur de la propriété littéraire et artistique) d’octobre. Dans notre système, les éditeurs ont une obligation de rendre des comptes qui conditionne la cession des droits alors que la proposition d’Amazon aux auteurs ne comporte rien de tel et que tout pourrait être arrêté à tout moment. Il s’agirait donc plutôt d’une forme d’autoédition. Ce miroir aux alouettes ne doit pas être confondu avec notre travail de fond qui s’inscrit dans la durée.

ou

Le risque d’hégémonie est réel, Amazon étant aux États-Unis aussi leader non en matière de produits audio ou d’impression à la demande et ayant déjà proposé à nos libraires de diffuser le Kindle. Ils déploient une énergie commerciale considérable pour occuper tout l’espace. Si nous ne sommes pas vigilants, nous serons mangés tout cru ! Internet qui était initialement un espace de liberté a été envahi par la logique marchande, comme en témoigne le caractère commercialisable de données sur Facebook. Notre parade à cela est l’interopérabilité entre les systèmes et le développement d’une offre légale attractive, les ventes de livres numériques devant être multipliées par 12 cette année.

On y apprend aussi que le Conseil permanent des écrivains négocie depuis quatre (4) ans au sujet du contrat numérique.

En vain.

19 juillet 2012

Les Serfs au Sénat

Le compte rendu de l’audition du collectif Droit du Serf devant la commission de la Culture du Sénat est en ligne :

Une vingtaine de sénateurs étaient présents et, dans l’ensemble, très attentifs, bien qu’ils aient auparavant reçu les représentants du SLF (Syndicat de la librairie française), ceux du SNE et ceux de Conseil permanent des écrivains. Cette attention, la nature des questions posées et l’intérêt pour les problèmes que nous avons soulevés nous inclinent à penser que la commission de la Culture prend très à cœur la mission dont elle est investie, même s’il nous est difficile de déterminer quelle est la nature précise de cette mission, sinon de faire des recommandations en vue de la rédaction des décrets d’application de la loi du 1er mars.

Nous avons bien sûr exposé les effets délétères de la loi sur la situation déjà très précaire des auteurs, en précisant quelle est la condition actuelle de sous-prolétariat des auteurs (sans qui la littérature et ses exploitations n’existeraient pourtant pas), la situation régalienne des groupes éditoriaux et le bras de fer auquel les auteurs sont contraints pour faire valoir le droit et l’équité dans un rapport de force qui leur est extrêmement défavorable. Situation dont les sénateurs sont très conscients, à en juger par leurs hochements de tête approbateurs.

Nous avons souligné les aberrations de l’usine à gaz que représente cette loi. Il a notamment été démontré l’inconstitutionnalité du texte, son irrespect de la convention de Berne, sa remise en cause de la Déclaration des droits de l’Homme, son détournement de l’esprit du Code de la propriété intellectuelle par l’intermédiaire d’exceptions réduisant le droit d’auteur à peau de chagrin au bénéfice des acteurs de la commercialisation, ainsi que la dangereuse confusion entre propriété incorporelle et propriété corporelle.

Nous avons clairement signifié que nous poserons une QPC (question prioritaire de constitutionnalité) dès la parution des décrets d’application et que celle-ci avait toutes les chances d’aboutir à l’invalidation de la loi.

17 juin 2012

Amazon, Apple, Kobo : quelle taille d'image pour la couverture des livres numériques ?

Voici les caractéristiques techniques des images utilisées par les industriels pour les fiches des livres affichées sur les boutiques en ligne. Les spécifications techniques des couvertures internes aux fichiers .epub ou .mobi restent inchangées.

Source : Kindle Direct Publishing : Créer une image produit.

Source : iBookstore Asset Guide 5.0.

Source : A vendor’s Guide to Kobo (PDF)

16 juin 2012

Biopoésie

Since the 1980s poetry has effectively moved away from the printed page. From the early days of the minitel to the personal computer as a writing and reading environment, we have witnessed the development of new poetic languages. Video, holography, programming and the web have further expanded the possibilities and the reach of this new poetry. Now, in a world of clones, chimeras, and transgenic creatures, it is time to consider new directions for poetry in vivo. Below I propose the use of biotechnology and living organisms in poetry as a new realm of verbal, paraverbal and nonverbal creation.

Eduardo Kac, Biopoetry.

15 juin 2012

Le Syndicat des écrivains de langue française

Annonce passée ce jour sur la page Facebook du collectif Le Droit du serf :

Le syndicat ? C’est parti !

Le Droit du serf continuera à être l’électron libre qu’il est, indépendant de tout et même du syndicat qu’il contribue à réactiver, mais nous avons constaté les limites de cette association de fait vis-à-vis des interlocuteurs officiels, qu’il s’agisse d’autres associations d’auteurs (même si certaines commencent à nous prendre très au sérieux), du SNE (qui se réjouit de pouvoir nous ignorer) ou des instances politiques et administratives. Une association de fait ne peut pas intégrer le Conseil permanent des écrivains, un syndicat si.

Nous ranimons donc le SELF avec l’équipe déjà en place pour regrouper des auteurs de tous domaines d’expression (écrivains, traducteurs, dessinateurs, illustrateurs, scénaristes, etc.) et d’autres acteurs du monde du livre (éditeurs et libraires indépendants, bibliothécaires, chroniqueurs).

L’assemblée générale de refondation se tiendra le mardi 26 juin à 17h dans les locaux du MOTIF à Paris. Vous y êtes bien sûr tous conviés, et, plus nous serons nombreux, plus nous aurons d’idées et de poids.

Même si le SELF a déjà une existence légale, il y aura un peu de boulot, à commencer par une retouche de ses statuts et la détermination d’une cotisation annuelle pour ses membres — qui devrait se situer autour de 20€.

Si vous souhaitez participer à cette assemblée refondatrice, envoyez un mail à : droitduserf [at] gmail.com

5 avril 2012

Le vers international libre

Le VIL est encore très présent sur la scène poétique mondiale, dans tout festival international, anthologie ou revue. Ses exigences formelles sont assez faibles. Et ce fait entraîne un glissement de plus en plus sensible vers une phase (ultime ?) de l’évolution formelle : celle où le vers lui-même n’est plus considéré comme nécessaire. Il avait déjà tendance, dans les années 1990 du siècle défunt, je l’ai constaté souvent, à disparaître, à la lecture, dans la diction d’un grand nombre de poètes, qui lisaient leurs poèmes comme de la prose, de la prose ornée rhétoriquement par la voix, car il faut bien faire voir qu’il s’agit de poésie. Dans ces conditions, pourquoi ne pas composer tout simplement de la prose ? La poésie, et c’est spécialement sensible chez les poètes les plus avancés de France ou des États-Unis, se fait alors par petites proses courtes, mais non visiblement narratives : l’absence d’une trame narrative nette est alors le marqueur unique de l’appartenance au genre poésie.

Jacques Roubaud, Obstination de la poésie

28 mars 2012

Tuer un enfant

C’est un jour léger, et le soleil domine la plaine de biais. Les cloches vont bientôt sonner, car c’est dimanche. Deux adolescents ont découvert un nouveau sentier parmi les champs de seigle, et dans les trois villages de la plaine, les carreaux des fenêtres étincellent. Les hommes se rasent devant des miroirs posés sur les tables de cuisine, et les femmes chantonnent en coupant la brioche qui accompagnera le café. Assis par terre, les enfants boutonnent leurs petits gilets. C’est l’heureux matin d’un jour cruel, car aujourd’hui, dans le troisième village, un enfant sera tué par un homme heureux.

Stig Dagerman, Tuer un enfant

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