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Europunk

L’Europunk ou contre l’absence de représentation culturelle de l’Europe dans la SF.

Il est un sujet d’actualité économique, sociale et culturelle auquel on ne peut échapper ces trois dernières années (et même bien avant cela mais les choses vont en s’exacerbant), et que pourtant la SF de chez nous semble ignorer poliment : l’Europe.

Pourtant héraut des thèmes qui font notre présent et modèlent nos futurs possibles, la SF se désintéresse de la construction européenne comme de l’an 40, alors que jamais depuis Maastricht on n’a connu autant de débats, de projets, de crises, de doutes.

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L’Europe n’est pas glamour, c’est d’ailleurs l’un de ses gros points faibles. L’Europe ne sait pas se vendre, ni à l’étranger, ni même, et c’est bien plus grave, à ses propres citoyens. Toutes ses tentatives de communication ou presque finissent en eau de boudin, et l’Européen lambda ne ressent pour l’Union Européenne qu’un sentiment froid, neutre et vaguement chirurgical – l’efficacité en moins. Est-ce la raison pour laquelle, en langue française, on trouvera si peu d’écrits s’intéressant franchement au futur de notre continent ?

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Presque toutes les (rares) fictions sur l’Europe de demain sont extrêmement négatives, pessimistes, voire nihilistes. Rien à sauver au presque, un rejet complet de ce que l’UE est devenue sans trop chercher à réfléchir sur le pourquoi, sur ce qui qui aurait pu être mieux fait, sur les motivations à chercher l’intégration. La plupart des arguments et visions « alternatives » tournent autour de ce simple crédo : c’était mieux avant.

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A l’heure où tout le monde cherche à créer des étiquettes de genres ronflantes et tape-à-l’œil, je m’étonne qu’aucun auteur n’ait eu l’idée de s’engouffrer dans cette brèche encore pratiquement vierge de la SFFF. Alors puisque qu’aucune célébrité ne s’y colle, je ne vois pas pourquoi je ne créerai pas à mon tour une appellation de toute pièce pour l’occasion.

Ce qu’il nous faut, c’est de l’Euro-Punk.

J’appelle solennellement les auteurs de SFFF européens à qui le futur politique, social et culturel de leur(s) pays fait lever des sourcils inquiets ou pleins d’espoir, de se pencher ne serait-ce qu’un instant sur ce continent en ébullition où 500 000 millions de citoyens sont peut-être sur le point de faire un pas d’un demi-siècle en arrière. Pour le meilleur ou pour le pire ? A vous de nous en parler.

Que vive enfin l’Euro-Punk !

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