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Rester dans le passé

Quand je fais des choses et que cela ne bouge pas autour de ce que je fais, cela m’est contre nature de chercher la raison chez l’autre. C’est-à-dire qu’il serait responsable de mon malheur. En général, je cherche chez moi, ce qui ne va pas dans ce que j’ai fait et pas du tout chez « ces abrutis de lecteurs qui ne comprennent rien », « ces libraires qui ne vendent que de la merde », « ces journalistes qui ne lisent les livres que quand on les invite à déjeuner » ou tout autre argument à la con. Si je fais quelque chose et que cela ne marche pas, le problème est chez moi. Après, peut-être que j’ai raison et que je suis en avance : mon livre pourrait trouver un écho dans quelques années. C’est une hypothèse de travail quand on analyse un état de crise. Les libraires pensent que leur malheur est de « la faute d’Amazon ». Bien sûr qu’ils n’ont pas tort, mais ils n’ont pas raison en disant cela. « C’est la faute du numérique », « c’est la faute des ordinateurs », « les gens ne sortent plus de chez eux »… quand c’est comme cela, on se pose des questions.

Entretien avec Gérard Berréby